Le numérique au service des OMD
Renforcer les capacités des acteurs non étatiques et des autorités locales : une priorité pour réduire la fracture numérique
Le renforcement des capacités des acteurs non étatique (ANE) et des autorités locales (AL) est l’un des défis majeurs du développement auxquels sont confrontés les villes et pays en développement (PED). Dans la perspective de la construction de sociétés basées sur la bonne gouvernance et dans un souci constant de lutte contre la pauvreté à travers les Objectifs du Millénaires pour le Développement (OMD), il est primordial de rassembler autour de ces objectifs les entités et les structures qui, depuis l’Europe, travaillent à renforcer les capacités des ANE et AL des PED en s’appuyant sur les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Ces organisations sont nombreuses à œuvrer sur cette même thématique mais n’ont que très rarement l’occasion de travailler de manière concertée.
L’Union Internationale des Télécommunications (UIT) à l’issu du SMSI en 2005 a dénombré 2240 activités d’infodéveloppement, divisées en 9 catégories et dont 45 % avaient une portée nationale. L’ensemble de ces activités sont extrêmement hétérogènes et ne produisent que rarement des synergies multi-acteurs. Un des freins à ces dynamiques est le cloisonnement des acteurs et de leurs activités. Les spécialistes du développement connaissent encore assez mal les potentiels des technologies de l’information et de la communication (TIC) pour atteindre les OMD et à l’inverse, les acteurs des TIC connaissent mal les problématiques du développement. Le besoin en renforcement des capacités ne peut être appréhendé de manière efficace s’il n’y a pas, au préalable, une prise de conscience de l’impact de la fracture numérique dans la difficile consolidation des acteurs locaux situés dans les PED.
Dans un contexte de globalisation des échanges et de développement mondial de la « société de la connaissance », les fractures numériques entre le Nord et le Sud ne cessent de s’accroître et elles accentuent les inégalités. Pourtant, la capacité de levier des TIC dans l’essor des sociétés et des économies est régulièrement mesurée par les spécialistes du développement.
Une approche transversale qui impacte tous les secteurs de la société
En matière d’appui au renforcement des capacités des acteurs locaux, les TIC permettent de développer les conditions favorables à une structuration des services privés et publics de proximité
(état civil, gestion domaniale, éducation, santé, entreprenariat).
Lorsqu’il s’agit, par exemple, du secteur public, les plans d’actions territoriaux ou « agendas numériques locaux » (en référence
aux agendas-21 pour le développement durable) permettent une planification territoriale structurée, concertée et chiffrée, qui tient compte, entre autres points, des besoins des groupes les plus
marginalisés (handicapés, illettrés, femmes, personnes âgées etc.).
Dans le domaine des acteurs non étatiques tels que les associations qui œuvrent sur les grands chantiers du développement (santé, éducation, agriculture, développement économique etc.), les TIC
offrent des moyens concrets d’améliorer ou de faciliter la mise en œuvre de ces programmes (télésanté ; e-Learning, commerce en ligne etc.).
Par ailleurs, les solutions numériques sont aujourd’hui de plus en plus à même d’apporter des réponses aux enjeux du développement dans des zones considérées jusqu’ici comme complètement
enclavées. La prise en compte de ces éléments dans une démarche globale d’aménagement numérique du territoire permet d’éviter que divers projets ne se superposent sans se dynamiser.











